
Le malinois, un super-héros... qui demande des compétences !
Le malinois, c'est un chien de travail. Je répète, un chien DE TRAVAIL. Cela veut dire qu'il a été créé par l'humain pour l'humain, avec un objectif de l'assister voire de le remplacer pour des tâches de travail. Donc, prendre un malinois, ça veut dire faire sa vie avec un chien de travail, qui aura besoin d'exercer ses compétences de chien de travail, compétences spécifiques à CE chien de travail, qui demandent donc des compétences spécifiques CHEZ VOUS. Le malinois sur entraîné que vous voyez à la télé, c'est un chien sélectionné par des professionnels, pour des professionnels ultra formés pour le type d'entraînement spécifique que vous voyez en démonstration. Donc, pas un chien livré clé en main et utilisable par n'importe qui.
Le malinois est un chien intense, précis, exigeant, ultra sportif, ultra intelligent, capable de prise de décisions éclairs et avec énorme besoin d'être entraîné, c'est à dire d'apprendre plein de comportements et les demandes qui vont avec. C'est aussi un chien extrêmement sensible à la pression, à la qualité de la sélection génétique, parentale, mais aussi aux compétences de l'éleveur, au bain sensoriel de gestation et des premières semaines post partum, à la qualité de la socialisation primaire puis secondaire, et enfin à la qualité de l'environnement que vous lui offrirez. Beaucoup de paramètres qui, quand ils sont négligés, aboutissent à un chien qui va mal. Et autant vous dire qu'un malinois qui va mal, c'est très vite un enfer pour tout le monde et un vrai problème de sécurité publique.
Le problème de la sélection et de la qualité de l'élevage
Chez le malinois, un enjeu de taille : chez les chiens intenses, la sélection pose de sérieux problèmes. Certains éleveurs peu consciencieux produisent des malinois de plus en plus agités, agressifs, instables, à cause d'une sélection complètement déconnectée de la réalité (on est quand même sensé vivre avec nos chiens), et focalisée généralement sur le mordant, en comptant sur des acheteurs qui font vivre leurs pauvres chiens en chenil (oui, faire vivre un chien en chenil est cruel). Ces malinois à demi fêlés et / ou leurs descendants se retrouvent chez des pro qui ne peuvent rien en faire, ou / puis chez des particuliers qui seront complètement dépassés. La responsabilité des éleveurs de Malinois est énorme : ils sont responsables quand ils produisent des malinois vrillés, mais aussi quand ils vendent des malinois, vrillés ou non, à des particuliers non compétents et / ou à l'environnement non adapté à ces chiens, mais aussi quand ils laissent des chiens non stérilisés atterrir dans des familles qui n'ont ni les bons chiens pour l'élevage, ni les compétences pour gérer ces chiens, et qui les laisseront se reproduire, soit exprès, soit avec le border ou le chien de chasse du coin. Combien de croisés malinois dans les refuges ?
L'erreur de casting
Vient ensuite un énorme problème que vivent beaucoup de malinois, comment toutes les races à la mode. L'erreur de casting, c'est quand une personne prend un chien et est incapable de répondre à ses besoins. Des personnes qui récupèrent un patou chez un berger puis s'étonnent qu'il attaque tous les visiteurs, aux personnes qui prennent un border collie et ne comprennent pas pourquoi il troupeaute les enfants et les poules, en passant par celles qui achètent un ariégeois ou un teckel et râlent parce que le chien se tire dans la garrigue pour courrir après les animaux sauvages dès que la porte est ouverte, nous avons ceux qui veulent un malinois. Un malinois pour la frime, un malinois pour l'égo, un malinois pour se la péter devant les copains, les collègues ou devant son miroir. Le frimeur veut le beurre et l'argent du beurre, le malinois sans les problèmes qui vont avec. Et je me retrouve au téléphone avec des personnes qui n'ont jamais fait de sport de leur vie, qui ne savent même pas apprendre à un chien à s'asseoir et qui n'ont aucune notion de ce qu'est un chien de travail, qui se retrouvent avec des malinois d'un an ingérables, complètement survoltés, qui croquent dans tout ce qui bouge, qui dégomment les autres chiens, qui sautent dans tous les sens, et qui se jettent sur les vélos, les voitures, les joggeurs, les mouches qui passent. Un chien ne se choisit ni au physique ni à la mode : on doit choisir le chien qu'on saura rendre apaisé et heureux. Peu importe à quoi il ressemble !
Etre un malinois, une condition pourrie entre les mains des masculinistes et des hiérarchistes
Après cela, la grosse problématique des malinois concerne les humains qu'ils attirent. Eh oui, le mascu, le viril, le hiérarchiste aime dominer les autres, surtout si l'autre c'est un chien de militaire ou de gros bonhomme. Les malinois donc, s'en prennent littéralement plein la gueule : on leur parle comme à des soldats sourds, on les étrangle, on les plaque au sol, on les punit, on les saccade, on les soumet, on les oblige, on les traite comme des subordonnés. Le malinois, c'est un des chiens préféré du mascu en mal de suprématie, du hiérarchiste qui se trouve viril quand il use de la force et de l'intimidation avec un être de 30 kg (bizarrement, ils vont rarement chercher les patous, même si ça arrive), quand il donne des ordres à un chien, quand il obtient de l'obéissance aveugle avec une autorité incontestée.
Seulement voilà, le malinois est certes une brute, aussi délicat que Francis Ngannou quand il combat, aussi subtil que l'humour de Skarbowsky, mais le malinois est aussi et surtout très sensible au stress et à la pression et, si le malinois issu d'une sélection draconienne pourra travailler et donc rester fonctionnel sous un stress qui aurait mis n'importe quel humain KO, le malinois moins sélectionné sera une vraie cocotte minute d'intolérance à la frustration, qui défoule son stress comme tout bon malinois, avec ses dents en premier lieu, avec ses cordes vocales, son agressivité, sa créativité, sa ténacité, son intelligence de vélociraptor de JP et sa très, très, très haute et explosive énergie.
Donc en résumé, on se retrouve avec un chien instable, mordeur, explosif, intense, entre les mains de personnes utilisent le trauma et le rapport de force avec lui. Pas besoin d'avoir fait psy pour comprendre en quoi cela va poser problème. Oui, le malinois n'est pas un chien à mémère, il a besoin d'apprendre des choses, qu'on lui apprenne ce qu'il doit faire dans tel ou tel contexte (un malinois sans support d'apprentissage et sans guidance deviendra vite votre pire cauchemar), mais le malinois n'est pas non plus un chien à mascu.
Il a besoin d'une famille aimante, douce dans sa méthode d'apprentissage, qui se montre digne de son intelligence et de sa rapidité à intégrer les infos et comprendre les conséquences, capter les antécédents, et restituer les apprentissages. Croire que votre malinois a besoin d'autorité et utiliser votre chien pour assouvir vos besoins d'avoir de l'ascendant sur quelqu'un, c'est à côté de la plaque. Même si un YouTubeur ou un dresseur tradi vous dit le contraire.
Résultat, des chiens complètement cassés, rendus toqués par les abus des humains, remplissent les refuges. Oui, car les gens prennent un malinois dans des élevages qui font du mauvais travail, ou pire, chez des particuliers, font n'importe quoi avec, et larguent leur chien en refuge, se débarrassant du chien, des problèmes qui vont avec et du poids qui hantent les personnes qui doivent euthanasier des chiens en bonne santé et implaçables car trop difficiles, voire dangereux, ou qui le regardent croupir en cage, blindés de TOC, parce que les responsables du refuge sont pro life.
Le malinois récupéré pour le gardiennage ou les patrouilles, une vie de misère
Le malinois, comme tous les super héros, a son talon d'achille. Son physique, son agressivité et son mordant le donnent pour cible idéale aux spécistes dont le travail consiste à utiliser un chien pour intimider les autres. Les chiens sont généralement récupérés dans des refuges pour 200 balles, refuges qui acceptent de les placer car personne n'en veut vu leur agressivité et même parfois leur dangerosité. Les chiens vivent enfermés dans des cages, sortis juste pour le travail, par des gens qui ne les aiment pas et avec qui ils n'ont aucune relation en dehors d'une relation basée sur la peur et l'utilisation. Ils vivent souvent dans le noir, dans le coffre d'une voiture, dans un chenil, dans une caisse, dans une cave, dans un hangard, sur un terrain, où ils croupissent sans amour, et sans aucun espoir de vie décente. Les refuges qui acceptent de placer ces chiens sont indignes de la protection animale : placer un chien, c'est lui offrir une vie heureuse, pas le maintenir en vie au prix de la souffrance. Ces pratiques honteuses sont monnaie courante et fournissent à bas prix des personnes sans scrupule qui utilisent les chiens sans les aimer.
Avoir un malinois et être non-violent, c'est possible !
Contrairement à ce qu'essaient de faire croire les hiérarchistes, le malinois n'est pas un chien qui demande d'être un gros mâle alpha tout puissant, ou même juste quelqu'un qui utilise l'autorité (et donc l'intimidation) pour faire plier les autres. C'est un être sensible, doué d'intelligence, qui peut être traumatisé, souffrir, aimer, et être traité avec douceur et éthique. Oui, il peut aimer les jeux brutaux, l'intensité du sport, d'avoir des missions à accomplir ; mais le malinois souffre comme tous les chiens, tous les humains, tous les chevaux, tous les chats, tous les perroquets, tous les animaux sauvages, de ferme, des méthodes coercitives et d'une relation basée sur le rapport de force, l'intimidation par la peur, la menace, la douleur. Si vous ne savez pas faire, formez vous, et si vous pensez qu'une femme de petit gabarit et non-violente ne peut pas vous aider avec votre malinois, réveillez vous : c'est tout simplement du sexisme teinté de hiérachisme spéciste. Le malinois est un chien, certes plus proche du super-héros, mais un chien quand même. Il n'a pas besoin de collier étrangleur ni de collier électrique, ni de coups dans les cervicales, ni de votre autorité, ni d'un chef de meute. Il n'a pas besoin d'un maître, ni d'être soumis. Il a besoin, comme tous les chiens, d'assez d'activité physique pour son âge et sa génétique, de travailler sur des missions même si c'est avec vous ou votre famille, de calme, d'un bon lit douillet, de jouets, de foraging, d'activités sympa, de massages, de bons repas bien protéinés, de douceur, de gentillesse, de précision dans votre communication, de clarté dans votre demande, de vocabulaire, de compétences pour sa vie avec vous, et donc d'être entourés d'humains non-violents et aimants.
Si votre malinois est agressif...
Contactez-moi, comme avec tous les autres chiens ! N'écoutez pas ceux qui vous disent qu'il a besoin d'aller au dressage ou au club canin, qu'il a besoin de votre autorité, que vous rétablissiez la hiérarchie, qu'il se prend pour le chef, qu'il a besoin d'être recadré, qu'il est dominant. C'est n'importe quoi et complètement à l'encontre de ce que la recherche scientifique nous apprendre depuis plus de vingt ans !
Vous voulez adopter un Malinois ? Voici Nala, sauvée par l'Apavh !

Cliquez ici pour en savoir plus sur Nala et contacter l'association (Hérault, France).


